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Cinq livres pour revenir à l’essentiel

26 janvier 2021 par Nicolas Gendron, journaliste et critique de cinéma

D’UNE PAGE À L’AUTRE — Il y a les services essentiels, les travailleurs aussi, de celles et ceux qu’on baptisa au plus fort de la crise les anges gardiens. Mais à qui appartient cette essence, sinon à toute la collectivité ? Comment s’y reconnecter, sinon en ralentissant le pas ? Quelques modestes suggestions pour se tricoter l’essentiel, à l’envers comme à l’endroit, une maille à la fois.

Revenir au pied de la lettre

La lettre

de Magali Attiogbé (Amaterra, 2016)

J’ai découvert cet album jeunesse en voyage, car arpenter les librairies et bibliothèques est l’une de mes activités préférées lorsque je prends le large. Il avait tout pour plaire au grand enfant en moi – ce beau livre cartonné s’adresse aux trois ans et plus –, car il me ramenait à cet autre plaisir perdu et retrouvé : le geste d’écrire à la main; une carte postale, un mot doux, une invitation festive, à votre guise ! Ce titre signé par l’illustratrice française Magali Attiogbé prend justement la forme d’un Cherche et trouve, mais sans consignes criardes ni héros à rayures. On y suit le parcours des neuf lettres envoyées par Léo dans les destinations les plus colorées qui soient, d’une maison hantée à un vaste terrier, d’une station spatiale à un palais royal. Le message initial, à la fois simple et convivial, se révèle en bout de piste, et résonne d’autant plus en cette ère de distanciation (a)sociale.

Revenir à la souche

La petite Russie

de Francis Desharnais (Pow Pow, 2018)

Au-delà de toute nostalgie, le bédéiste Francis Desharnais (Burquette, La guerre des arts) revient sur les traces de ses grands-parents Marcel et Antoinette, qui ont grandement contribué dès 1947 à l’implantation de Guyenne, une colonie de l’Abitibi ayant fleuri sous un régime coopératif, d’où son surnom de « petite Russie ». Modèle unique en son genre, cette communauté tissée serré renaît avec tous les espoirs et les désillusions de sa mise au monde, entre le soutien vacillant du gouvernement et la première messe en français, l’infinitude de la forêt et les rugosités de la terre, la visite d’un certain Félix et les aspirations légitimes des femmes pour avoir voix au chapitre. La nature devient un personnage incontournable et le trait de crayon déborde de tendresse pour ces pionnières et pionniers des plus inspirants. On n’a qu’une envie : fouiner dans la riche biblio-filmographie, fournie avec la postface de l’historien Frédéric Lemieux, pour en apprendre plus sur l’hier du Québec et de l’Abitibi. Doux hommage.

Revenir à l’autre en soi

Il est temps que je te dise

de David Chariandy (Zoé, 2020)

Dans cet essai délicat et lumineux, paru d’abord en anglais en 2018, l’auteur David Chariandy (Soucouyant, Brother) décortique les ramifications de ses origines afro-asiatiques non sans déboulonner, en toute humilité, quelques mythes sur la tolérance, le legs ou « l’identité canadienne ». Né en Ontario et basé à Vancouver, ce spécialiste de la littérature des diasporas noires s’adresse ici à son adolescente, tel que l’évoque le sous-titre « lettre à ma fille sur le racisme ». Tout en s’ouvrant sur plusieurs épisodes troublants ou révélateurs de son parcours identitaire, des questions inconvenantes (« D’où viens-tu vraiment ? ») aux souvenirs ancestraux de l’esclavagisme et de l’engagisme, il convoque la poésie en renfort et n’emprunte jamais un ton infantilisant. Mais par-dessus tout, Chariandy invite à reconnaître l’autre en soi, ou soi en l’autre, s’inscrivant non pas contre quelque menace, mais plutôt pour le partage, l’écoute et la rencontre. Éloquente correspondance.

Revenir à ses quartiers

Ici

de Gabrielle Lessard (Somme toute, 2020)

De sa Beauce natale, Gabrielle Lessard rêvait un jour d’entrer dans la fameuse tour de Radio-Canada. Quelle ne fut pas sa déception, quelque temps après sa formation au Conservatoire d’art dramatique, devant l’annonce du déménagement de la télévision d’État… La comédienne et autrice dépasse largement l’anecdote et l’étiquette du théâtre documentaire pour imaginer une fiction qui questionne les fondations (oui, oui, au pluriel !) du diffuseur public. Qu’en est-il de son indépendance et de son rôle dans l’émancipation collective ? Mais plus encore, qui se souvient du « Faubourg à m’lasse » dans Centre-Sud, ce quartier quasi sacrifié pour bâtir la tour originelle ? Du 19e au 21e siècle, de la vie ouvrière à la Révolution tranquille, sans oublier les contours flous d’un avenir numérique, Lessard prouve avec brio que, lorsqu’on aime d’amour, on n’esquive jamais les zones d’ombre de l’être aimé. Enfin, comme chez Desharnais, on savoure les références qui nous convient à Voir, Entendre et Visiter ce qui se cache à l’ombre du « timbre prolongé ».

Revenir avec la marée

Le lièvre d’Amérique

de Mireille Gagné (La Peuplade, 2020)

Diane n’en peut plus de n’être pas à la hauteur, elle qui « aspire à une vie exempte de toute imperfection », alors elle se prête au jeu d’une mystérieuse opération. Ce premier roman de la poète et nouvelliste Mireille Gagné (Le syndrome de takotsubo) est une mine de trésors insoupçonnés, empruntant à l’apaisement comme à la rage des marées. On y est happés en quatre temps qui reviennent cycliquement, dont l’avant et l’après de l’intervention médicale, mais aussi un petit précis sur le lièvre du titre, de son alimentation à sa nature de porte-bonheur, puis des souvenirs d’adolescence qui remontent à la surface. Ceux-ci ont l’Isle-aux-Grues pour ancrage, et l’autrice y étant née, l’immersion est aussi enveloppante que totale. Sa Diane s’y revoit avec son ami Eugène à immortaliser les espèces en voie d’extinction, jusqu’à cette inoubliable « tempête des corneilles », la dernière bordée de l’hiver, à la source de bien des maux. Une œuvre forte qui traduit la frénésie de notre essoufflement, puis la quiétude des jours d’appartenance.

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