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Trois leçons de la nature / Pour mieux rencontrer la culture

12 juillet 2021 par Eve Laliberté, collaboratrice culturelle

Entre les champs de sapins et les lacs camouflés par les reliefs du sol ; le réseau instable et le scintillement timide de la barre de Wi-Fi ; les chalets inoccupés et les commerces abandonnés, ma relation aux arts s’est teintée de quelques prises de conscience.

Inspirée par Thoreau et les innombrables voix de l’appel de la forêt, le printemps 2020 et le passage de toutes ses facettes en virtuel m’a menée vers de multiples aventures en territoires éloignés.

Si l’absence de musées, de galeries d’art proposant des cinq à sept branchés et de conférences académiques s’est, certes, parfois fait ressentir, le temps et l’espace m’ont rapidement fait comprendre que j’avais beaucoup à apprendre du calme des régions rurales.

En me laissant envahir par les paysages et en élargissant ma définition du mot « culture » pour pouvoir y inclure « nature », j’ai constaté qu’il y avait plus à apprendre sur les arts en déambulant à travers les arbres et les saisons qu’en consommant frénétiquement des vues d’expositions sur mon petit écran.

Voici donc trois leçons qui me permettent aujourd’hui d’approcher la production artistique avec plus de quiétude et d’intuition

1. Renouer avec la notion de vide

Passer d’un mode de vie effréné en ville au rythme lent de la vie en région, c’est renouer un contact intime avec cette idée de néant. Quand les oiseaux sont plus nombreux que les humains, l’omniprésence du vide se manifeste à travers le silence ; et les heures se dispersent pour laisser place à de grands souffles et à de grandes idées.

Dans son livre How to do nothing, l’artiste et écrivaine Jenny Odell témoigne de l’importance d’accorder plus de temps à ce concept de vide dans notre quotidien. Afin de mieux rencontrer nos pensées et de rétablir un lien avec ce qui nous entoure, Odell propose de diriger notre attention vers des sphères qui ne sous-tendent aucun rapport à la productivité ou encore à la consommation. Dans son ouvrage à la fois érudit et poétique, l’autrice fait en quelque sorte l’apologie de l’ennui. Elle nous rappelle que c’est souvent au cœur de moments d’inactivité, voire d’errance, que nous avons accès à notre pleine sensibilité et créativité.

Découvrez le livre : how to do nothing (en anglais)

C’est dans le calme et la disponibilité que nous nous laissons frapper par les envolées des plus grandes pièces de théâtre, les allégories des tableaux les plus éloquents et les harmonies des chansons les plus envoûtantes.

Mon exode vers la campagne m’a rappelé de choisir le vide plutôt que la réponse machinale de l’hyperconnexion. Il m’a rappelé d’aborder la rue, le quartier et le ciel comme on aborderait une visite au musée : avec lenteur, contemplation et ouverture. Enfin, il m’a également montré que c’est dans l’espace — dans l’autour de nous — que nous rencontrons cet infini qui nous permet d’être touchés.

2. Faire confiance à ses sens

Les bruits de la ville et du quotidien nous obligent parfois à mettre en sourdine certains de nos sens, afin d’éviter d’être envahis ou surchargés. Nous avons l’habitude de faire abstraction de certaines de nos sensations pour pouvoir fonctionner plus efficacement, dans des contextes où les niveaux de stimulus sont étonnamment élevés.

Pour saisir les résonances d’une œuvre, ou d’une production culturelle quelconque, il faut cependant être en mesure de la recevoir dans son entièreté, dans le tangible comme dans l’intangible ; en mettant à profit chacune des intuitions qui nous frôlent ou nous transpercent.

Comme le soulevait le philosophe et historien de l’art Walter Benjamin dans son célèbre essai L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, l’art existe au-delà du visible. Une grande portion de ce que l’on ressent lorsque nous rencontrons une production culturelle réside dans son aura, son unicité et ses qualités métaphysiques. L’art passe par l’ensemble de nos sensations physiques. Du bout de nos doigts jusqu’au bout de nos orteils, il se positionne dans l’espace, en relation à notre corps, à l’ici et au maintenant.

Découvrez le livre : L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

En m’éloignant des agitations urbaines, j’ai appris à renouer avec certaines de mes aptitudes sensorielles, notamment en étant plus près de la nature. Remarquer plus sensiblement le positionnement de la lune et du soleil, les variations de température ou encore l’évolution aromatique de certains végétaux m’a aidée à recevoir les messages que m’envoyait l’ensemble de mes sens. J’ai appris à faire confiance aux intuitions émanant de plus loin que ma perception visuelle de la réalité.

3. S’ouvrir au patrimoine local

Si les deux premières leçons que j’ai pu tirer de mon emménagement en dehors de la ville relèvent davantage d’une relation introspective aux arts, la troisième est, pour sa part, surtout liée à son aspect intrinsèquement collectif.

En grandissant dans des territoires où les arts se voient souvent confinés à des lieux spécifiques, nous omettons parfois de saisir la force de leur présence dans notre quotidien, dans des espaces qui s’échelonnent au-delà des quatre murs d’une salle d’exposition ou de spectacle.

Faute de posséder des musées ou des galeries d’art, certaines régions du Québec ont réussi à garder la culture vivante en la nourrissant au quotidien, à travers le patrimoine oral, l’histoire locale et la mise en valeur des échanges pour tenir la communauté tissée serrée. Ces endroits où les interactions sont riches et faciles nous rappellent que la culture est partout autour de nous, tout le temps. Elle réside dans les liens qui nous unissent, dans l’histoire qui se dresse derrière le nom de certains lieux et dans la mémoire collective qui émane du patrimoine, de manière plus large. La culture n’est pas seulement l’affaire des espaces dédiés à la production de l’élite artistique : elle est le ciment de toutes les collectivités.

En l’absence de musées — que ce soit pour des raisons géographiques ou contextuelles — peut-être devrions-nous commencer par rencontrer ce patrimoine local. Discuter avec nos voisins, s’interroger sur l’origine du nom de notre rue ou encore s’aventurer dans notre quartier, sans avoir de destination précise…

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