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La charge mentale

12 juillet 2021 par Valérie Courchesne, psychologue

La charge mentale est un concept sociologique qui fait référence au « poids » cognitif ou à l’énergie dépensée à gérer les tâches du quotidien. Ainsi, on parle de charge mentale lorsqu’on pense au fait que l’on doit, par exemple, aller à l’épicerie, planifier les boîtes à lunch des enfants, et les préparer avant d’aller se coucher. Appeler le dentiste pour annuler le rendez-vous du plus jeune. Partir du bureau plus tôt jeudi pour aller chercher la plus vieille à l’école et l’emmener à la gymnastique, sans oublier de passer à la pharmacie renouveler notre prescription !

La charge mentale est donc le fardeau qui se rattache à l’anticipation et à la gestion des tâches, au fait d’en avoir la responsabilité et de devoir y penser. On distingue ici la gestion des tâches domestiques de leur exécution ; ainsi, le fait de déléguer la tâche ne diminue pas nécessairement la charge mentale.

© Bianca Des Jardins

Historique

Le concept de charge mentale est relativement récent. C’est la sociologue française Monique Haicault qui, en 1984, a associé le concept de charge mentale/cognitive aux tâches domestiques. Le mot « charge » fait à la base référence aux ressources cognitives sollicitées par une tâche. C’est par la suite la bande dessinée Fallait demander! de l’illustratrice Emma, publiée sur le Web en 2017, qui a grandement contribué à populariser le concept.

Consulter la bande dessinée

Il s’agit donc d’un concept récent aux yeux de la science, bien que la réalité qu’il décrit existe depuis longtemps. Les études scientifiques sur le sujet sont par conséquent limitées et principalement menées dans des pays occidentaux auprès de couples hétérosexuels.

Quels sont les problèmes liés à la charge mentale ?

En soi, la charge mentale demeure une réalité normale qui n’est pas nécessairement néfaste. Or, les problèmes surviennent lorsque cette charge n’est pas répartie équitablement dans un système (couple, colocation, famille) et qu’une personne se retrouve à porter un plus gros poids que les autres. Cette personne peut alors se sentir épuisée, seule, et débordée.

L’origine du problème au sein des couples hétérosexuels

© Bianca Des Jardins

Pourquoi tant de personnes souffrent-elles de la charge mentale ? Historiquement, dans nos sociétés, ce sont les femmes qui s’occupaient des tâches ménagères et des responsabilités liées aux enfants, alors que les hommes travaillaient et avaient la charge de subvenir aux besoins financiers de la famille. Or, cette réalité a drastiquement changé depuis l’entrée des femmes sur le marché du travail. Au Canada, elles sont maintenant presque aussi nombreuses que les hommes à occuper des emplois à temps plein. Ce changement majeur a profondément modifié l’organisation familiale, mais la femme demeure deux à trois fois plus souvent que les hommes la gestionnaire ou la responsable de la maison et des enfants.

Qu’est-ce qui explique ces inégalités dans la répartition de la charge mentale ?

Ce conditionnement dès le plus jeune âge souligne un réel problème sociétal : les inégalités salariales, la structure du congé parental, le retour au travail parfois difficile pour les femmes, ou encore l’équilibre travail-famille peu encouragé chez les hommes sont autant de facteurs qui créent un déséquilibre au sein des foyers. La mère est souvent incitée à prendre le rôle de parent principal dès la naissance, et cela la prédisposerait à le garder toute sa vie. Des aspects biologiques, comme le fait qu’elle porte et allaite l’enfant, servent aussi à perpétuer les inégalités dans la prise en charge des enfants au-delà de la grossesse et de la période d’allaitement.

Les données actuelles étant majoritairement basées sur des couples hétérosexuels cisgenres, il importe d’élargir notre compréhension du phénomène en étudiant, par exemple, des couples non hétérosexuels ou issus de la communauté LGBTQ+. Bien que les données scientifiques viennent à ce jour restreindre notre réflexion, il est essentiel de mentionner que n’importe qui peut porter le poids de la charge mentale et que cette dernière se retrouve dans de nombreuses structures familiales.

Quelques pistes de solution pour une meilleure répartition

Des changements sociaux permettraient très certainement de modifier les inégalités liées à la charge mentale de façon conséquente. Dans les pays comme la Suède, où le congé peut être distribué de manière égale entre les parents, il est rapporté que, lorsque c’est le cas, la répartition des responsabilités liées aux enfants se fait naturellement de manière plus juste. Ainsi, le partage équitable du congé parental constitue une piste de solution, tout comme le seraient d’autres aménagements en entreprise (horaires flexibles, garderies sur le lieu de travail, etc.) qui permettraient aux pères comme aux mères de concilier travail et famille.

Il est également important d’apprendre à reconnaître et à déléguer la charge mentale (et non pas seulement les tâches). Je vous propose plus bas un petit exercice qui peut vous aider à y arriver. Gardez également en tête qu’une communication claire est la clé. Par exemple, vous pouvez prendre l’habitude de définir qui est en charge des enfants lorsque les deux parents sont dans la pièce, ou alors avoir un « code » qui vous permet d’indiquer à l’autre parent que vous avez besoin qu’il prenne le relais dans le quotidien.

La notion de laisser-aller est aussi importante. En effet, déléguer la charge mentale implique souvent d’accepter que les choses ne soient pas nécessairement faites de la même manière ou au même moment que si vous vous en étiez chargé vous-même ! Lorsqu’on veut apporter des changements durables dans la répartition de la charge mentale, il faut prendre le temps de se questionner sur le rôle de chacun dans la perpétuation de l’inégalité. Il convient également de choisir un rythme familial qui sied à tous, ce qui signifie parfois mettre de côté certaines tâches jugées moins essentielles.

L’ajustement demande du travail de part et d’autre, car il ne faut pas seulement que la personne qui souffre de la charge mentale apprenne à s’en débarrasser, il faut aussi que l’autre soit prête à la recevoir. La pandémie aura probablement joué un rôle positif en ce sens, en permettant à certaines prises de conscience d’avoir lieu au sein des foyers grâce à la présence accrue des parents à la maison et dans le quotidien des enfants.

© Bianca Des Jardins

 

Petit exercice pratique

Cet exercice peut être utilisé à la fois pour constater la répartition de la charge mentale actuelle de votre ménage et pour apporter des changements concrets à celle-ci.

En premier lieu, il s’agit de faire la liste de toutes les tâches à gérer. Chaque membre est invité à participer à la création de la liste.

Par la suite, on attribue un poids à chaque tâche (il est possible que le poids change en fonction de la personne qui en porte la charge, cet aspect pourra être ajusté à la prochaine étape).

Finalement, on répartit la charge entre les membres du ménage. Il n’est pas obligatoire que la charge soit égale entre tous les membres ! Il suffit que la répartition convienne à tous. Les enfants pourraient donc porter la charge de certaines tâches, par exemple en inscrivant sur la liste d’épicerie l’aliment à racheter lorsqu’ils arrivent à la fin de la boîte, sans avoir une charge aussi grande que celle de leurs parents ou même de leur frère aîné.

À cette étape, on peut ajuster le poids de la tâche au besoin : si, pour l’un des partenaires, le fait de devoir penser au menu est moins lourd que pour l’autre, il pourrait prendre cette charge et lui attribuer un poids moindre dans sa liste. En fin de compte, l’exercice vise à ce que la charge des tâches soit clairement répartie, dans une proportion qui convienne à tous.

Pour conclure, si vous constatez que vous et/ou votre partenaire souffrez de la répartition de la charge mentale au sein de votre ménage, je vous invite à amorcer une réflexion sur le rôle que vous avez chacun à y jouer et à en discuter le plus ouvertement possible. N’hésitez pas à faire appel à l’aide d’un professionnel pour vous aider dans ce réajustement si vous en ressentez le besoin. Finalement, si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez pousser votre réflexion ou obtenir plus de trucs pratiques, je vous invite à lire l’ouvrage Si nous sommes égaux, je suis la fée des dents, écrit par Amélie Châteauneuf, travailleuse sociale.


Statistique Canada. « Tableau 14-10-0327-03 Proportion des travailleurs occupant un emploi à temps plein et à temps partiel selon le sexe, données annuelles », Statistique Canada, 2021. doi : https://doi.org/10.25318/1410032701-fra.
CARRELL, Rachel. Let’s Share Women’s Mental Load, ForbesWomen, [En ligne], 15 août 2019, [https://www.forbes.com/sites/rachelcarrell/2019/08/15/lets-share-womens-mental-load/?sh=13cab4bf6bd6].
GROSE, Jessica. A Modest Proposal for Equalizing the Mental Load, The New York Times, [En ligne], 11 juin 2019, [https://www.nytimes.com/2019/06/11/parenting/mental-load.html].
Bright Horizons®. MODERN FAMILY INDEX 2017, Bright Horizons®, [En ligne], 2017, [https://www.brighthorizons.com/-/media/BH-New/Newsroom/Media-Kit/MFI_2017_Report_FINAL.ashx].

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