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Apprendre à vivre le deuil

30 novembre 2020 par Valérie Courchesne, docteure en psychologie

UNE ÉTAPE À LA FOISLorsque nous entendons le mot « deuil », celui-ci évoque souvent la perte d’un être cher. Or, il s’agit d’un concept bien plus large qui s’applique à des pertes en tous genres. Il englobe tous les sentiments, bien souvent contradictoires, intenses et changeants, que nous ressentons face à une perte, une fin ou un changement majeur. Certains deuils font partie du développement normal, comme le deuil de l’enfance à l’aube de l’adolescence, ou encore le deuil de l’école lorsque nous entrons sur le marché du travail. Il y a également le deuil des parents parfaits lorsque nous développons notre esprit critique et réalisons leurs failles. D’autres deuils dépendront de notre parcours de vie, mais parsèmeront tout de même le chemin de tous; ruptures amoureuses, décès d’un proche, déménagement, perte d’emploi, etc.

Et puis il y a également les deuils collectifs, comme ceux que nous pouvons vivre en contexte de pandémie, ou bien lors de catastrophes naturelles et d’événements marquants vécus collectivement. Nous traversons alors ensemble les étapes du deuil malgré nos différences individuelles au niveau du rythme et de l’intensité.

Le deuil est un processus non linéaire, c’est-à-dire que chacune des étapes reviendra plus d’une fois au cours de notre vie. La durée et l’intensité de chacune de ces étapes, comme du processus complet, peuvent varier d’une fois à l’autre. Mieux comprendre le deuil permet non seulement de faciliter l’acceptation de nos émotions, mais nous aide aussi à faire preuve de plus de compassion envers nous-mêmes et envers les autres.

Voici donc les étapes du deuil, telles que décrites par les experts dans le domaine

ÉTAPE N°1 : LE DÉNI OU LE CHOC

Il s’agit d’un mécanisme de défense tout à fait naturel qui consiste à ne pas croire ou accepter ce que l’on vient d’entendre, ce qui nous mène à bloquer les émotions causées par la nouvelle.

ÉTAPE N°2 : LA COLÈRE

Puisqu’il est extrêmement difficile de faire face à la douleur, la colère vient à notre rescousse ! Elle peut être dirigée envers soi-même, les autres, ou même des objets. Durant cette étape, nous sommes beaucoup plus irritables et nos émotions peuvent se traduire sous forme de colère. Cette dernière peut même être dirigée contre la personne malade ou décédée, entraînant ainsi un sentiment de culpabilité et parfois une plus grande colère envers nous-mêmes.

ÉTAPE N°3 : LA NÉGOCIATION

Cette phase est celle où nous tentons de reprendre le contrôle d’une situation sur laquelle nous n’avons souvent aucun pouvoir. Tout comme la colère, ce réflexe est tout à fait normal, car même une illusion de contrôle peut se prouver rassurante : « Je vais suivre les recommandations des médecins à la lettre, bien manger, arrêter de fumer et peut-être que le pronostic changera » ; « Je ferai tout pour lui s’il revient sur sa décision et me laisse une deuxième chance ». C’est également lors de cette étape que les « si » arrivent : « Si seulement je lui avais parlé quelques minutes de plus au téléphone, cela ne serait pas arrivé »; « Si j’avais été plus à l’écoute, il ne m’aurait pas quitté(e) ». Ce type de réflexions nous amène bien entendu à ressentir de la culpabilité, mais nous convainc également que nous aurions pu changer quelque chose et donc que nous exerçons un certain contrôle sur la situation.

ÉTAPE N°4 : LA TRISTESSE

C’est à ce moment que nous connectons avec la souffrance liée à la perte. Lors de cette étape, beaucoup de personnes ont tendance à se replier sur elles-mêmes et à s’isoler pour vivre leur douleur.

ÉTAPE N°5 : L’ACCEPTATION

Bien que la souffrance soit moins intense, cette étape n’est pas nécessairement synonyme de bonheur. Elle rime plutôt avec sérénité, calme et paix intérieure. Nous acceptons la situation, mais également les émotions difficiles qui en découlent.

ÉTAPE N°6 : LA RECHERCHE DE SENS

Finalement, la littérature récente présente une sixième et dernière étape du deuil : la recherche de sens. Il semblerait en effet qu’après avoir accepté la perte, il serait naturel de chercher un sens à cette épreuve, de trouver le positif qui peut en ressortir. Par exemple, la perte d’un être cher peut mettre en lumière l’importance d’exprimer notre amour à nos proches ; une pandémie mondiale peut nous montrer l’importance de l’achat local, et la perte d’un emploi peut nous amener à nous réorienter vers un travail plus proche de nos valeurs.

Et vient alors la question fatidique : Comment traverser ces étapes de manière saine ?

ACCUEILLIR LES ÉMOTIONS

En anglais, le dicton qui s’applique parfaitement en contexte de deuil est « the only way out is through » (la seule façon d’en sortir est de passer au travers). L’unique moyen de traverser le deuil est d’accueillir et d’accepter les émotions qui accompagnent chaque étape. Lutter contre celles-ci ralentit le processus de deuil, en plus d’être extrêmement exigeant sur le plan émotionnel. L’acceptation des émotions s’applique aussi aux émotions positives; il faut s’accorder le droit de ressentir de la joie, de rire et de profiter pleinement des moments agréables même si nous vivons un deuil. Tous les outils de gestion des émotions sont également utiles. Ainsi, identifier, nommer et partager nos émotions nous permet de mieux composer avec celles-ci. Bien sûr, il peut être difficile pour la personne qui écoute et reçoit ces émotions de savoir quoi dire ou faire, puisqu’il n’y a pas vraiment de solution miracle. Sachez que le simple fait d’être là, d’écouter activement et de prendre la personne dans vos bras fera toute la différence.

LES RITUELS

Les rituels sont également extrêmement importants lors du processus de deuil. C’est l’une des raisons qui peut rendre le deuil des proches morts durant un contexte de pandémie plus compliqué, puisque les funérailles ne peuvent pas toujours avoir lieu. Il est donc important de trouver des alternatives afin de pratiquer des rituels qui vous ressemblent, et qui sont en accord avec vos valeurs lorsqu’il est impossible de faire comme d’habitude.

CONNECTER AVEC LA NATURE

Se connecter à la nature peut également grandement aider. Peu importe le moyen, tentez de retourner aux sources et de vous entourer de vert et d’air frais : cela peut inclure une promenade en forêt, ou d’autres activités très simples comme sortir marcher, jardiner ou même ouvrir une fenêtre et observer la vie dehors.

Et vous, quel sens avez-vous donné aux deuils que vous avez traversés jusqu’à présent ? N’hésitez pas à joindre un groupe de soutien ou à consulter un professionnel de la santé mentale qui pourra vous accompagner dans cette épreuve.


Référence : Bigelow, D. (2019). Finding Meaning: The Sixth Stage of Grief
Suggestion de lecture : Megan Devine, It’s OK That You’re Not OK: Meeting Grief and Loss in a Culture That Doesn’t Understand, Sounds True, 2017.

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