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VENT DE CHANGEMENT — Économiste de formation, Catherine Fournier a été députée de Marie-Victorin de 2016 à 2021, d’abord au sein du Parti Québécois, puis en tant que députée indépendante. Annonçant en avril 2021 sa candidature à la mairie de Longueuil, municipalité où se situe la circonscription qu’elle représente depuis 2016 à l’Assemblée nationale, elle remporte la victoire le 7 novembre 2021. Elle devient ainsi la plus jeune mairesse à être élue à Longueuil en plus d’être la plus jeune élue de l’histoire des grandes villes du Québec. Engagée, accessible, à l’écoute des citoyens, c’est avec plaisir que nous avons reçu Catherine Fournier au Strøm spa nordique de Mont-Saint-Hilaire afin de discuter avec elle de son parcours et de sa vision.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer en politique?

« J’ai toujours eu une curiosité naturelle envers la politique. Je posais beaucoup de questions à mes parents, je suivais l’actualité. Au cégep, j’ai rencontré des amis qui étaient engagés politiquement et qui m’emmenaient à des événements. J’ai participé à la mobilisation étudiante de 2012. De fil en aiguille, je suis devenue bénévole, j’ai eu des responsabilités, et un jour je me suis dit : “pourquoi ne pas me lancer en politique ?” Je m’étais impliquée à l’adolescence dans des groupes communautaires, dans des résidences pour personnes âgées, ma grand-mère habitait chez moi à l’époque, donc je trouvais que la politique était un formidable moyen de combiner mon envie de m’impliquer dans ma communauté et de faire une différence, de promouvoir mes idées pour la société. »

Avant votre saut au municipal, vous avez œuvré au provincial. Quelles sont les différences entre les deux?

« Le municipal est le palier le plus près des citoyens, celui qui exerce une influence sur 70 % des services que l’on utilise au quotidien : le transport en commun, les parcs, les rues, les loisirs, l’aménagement urbain, l’eau, les déchets, etc. Tout ça est du ressort de la municipalité.

Au gouvernement du Québec, on traite d’enjeux un peu plus globaux comme la santé, l’éducation, l’environnement. C’est là que les grands discours et les débats sur les projets de loi se passent, et souvent, on y donne des orientations qui vont être définies dans les villes. Les villes sont la place où l’on met en application, et moi, c’est ce que j’aime! Mener à terme des projets concrets, être dans l’action. J’ai apprécié mes années passées à l’Assemblée nationale, elles m’ont donné un bagage de connaissances qui font en sorte qu’aujourd’hui, je peux m’accomplir dans mon rôle de mairesse. »

En 2017, vous avez publié le livre L’audace d’agir, un appel à l’engagement de votre génération, la génération Y. Que remarquez-vous de l’engagement politique des jeunes aujourd’hui?

« J’ai justement écrit ce livre-là pour répondre à l’idée répandue que les jeunes ne s’engagent pas. Mais ce n’est pas qu’ils ne s’engagent pas, c’est simplement qu’ils s’engagent d’une manière différente de leurs prédécesseurs. Nous sommes une génération qui s’implique plus “ à la carte ”, pour des causes en particulier, plutôt qu’auprès d’un parti politique où l’on doit endosser un large éventail d’idées. C’est d’ailleurs pour ça, selon moi, que les partis politiques ont de plus en plus de difficulté à recruter des membres. C’est aussi pour cette raison que j’ai développé dans les dernières années toute une réflexion sur la manière de faire de la politique de façon non partisane. C’est vrai que j’ai moi-même fondé un parti pour me présenter à la mairie de Longueuil, mais je le vois plus comme un véhicule d’opinions, quelque chose de très flexible, moins encombrant ou défini qu’un parti politique classique. Cette philosophie-là est en train de changer, et c’est peut-être ça, la différence que les générations peuvent constater entre elles dans la façon de s’engager politiquement. »

En vue de la rédaction, vous avez visité les cégeps et les universités pour aller à la rencontre de la jeunesse. Qu’en avez-vous retiré?

« J’ai reçu un très bel accueil, rempli de curiosité. J’en étais à mes débuts comme élue, et j’ai reçu beaucoup de questions de la part des étudiantes et étudiants sur les moyens pour arriver à faire entendre ses idées. Ce n’est pas quelque chose qu’on apprend à l’école, ou en tout cas c’est à la discrétion des enseignants et enseignantes à l’heure actuelle. Comment fonctionne la politique; à quoi ça sert, un député, un maire ou une mairesse, un conseiller ou une conseillère municipal(e) ; qu’est-ce qui distingue les différents paliers de gouvernement? Ça nécessite absolument un cours d’éducation à la citoyenneté pour répondre à ces questions. »

Justement, avant votre élection à la mairie de Longueuil, vous aviez déposé une motion à l’Assemblée nationale pour l’implantation d’un cours d’éducation citoyenne et politique dans les écoles. Où en est ce projet?

« La motion que j’avais déposée a été acceptée, et j’ai eu la confirmation récemment que ce nouveau cours est en train d’être élaboré par les équipes, notamment par le Conseil supérieur de l’éducation. Les premiers projets pilotes devraient être instaurés dès la rentrée 2022 dans les écoles. Ce cours va donner des outils supplémentaires aux jeunes pour qu’ils puissent jouer leur rôle de citoyens actifs. On attend de nous que nous prenions notre place dans la société, mais l’école à l’heure actuelle ne nous donne pas les moyens de le faire. Les décisions qui sont prises chaque jour dans nos institutions démocratiques, c’est nous qui allons vivre avec celles-ci, et nos enfants par la suite, donc c’est essentiel d’être impliqués. Je trouvais préoccupant d’entendre des jeunes qui m’avouaient ne pas aller voter, car ils se sentaient incapables de faire un choix éclairé. Ça en dit long sur l’état de notre démocratie.

C’est sûr qu’il y a une responsabilité individuelle de s’informer, mais comme société, il faut s’assurer de donner la base. Et par donner la base, je ne veux pas juste dire rendre l’information disponible, mais accessible, vulgarisée, pour que n’importe qui puisse saisir le sens de ce qui est communiqué et s’en servir au quotidien pour jouer son rôle de façon encore plus accomplie. »

Que pouvez-vous nous dire sur la polarisation des idées actuelle? Qu’est-ce qui vous motive à continuer malgré la tension qu’elle peut faire émerger?

« Notre responsabilité à la base en tant que politicien est de rassembler, et tant mieux si on arrive à rassembler des gens qui sont aux opposés. Il ne s’agit pas de plaire à tout prix à tous les groupes, mais de trouver des consensus qui, ensuite, vont apaiser les tensions. En ayant un discours positif et inclusif, en misant sur la confiance et la transparence, j’espère pouvoir, bien humblement, jouer un rôle dans cette sortie de crise où beaucoup de polarisation s’est fait ressentir. Je pense que chaque élu a la responsabilité de jouer ce rôle rassembleur. On a l’habitude de faire de la politique l’un contre l’autre, en rabaissant autrui pour se remonter soi-même, et c’est à mon avis néfaste pour la société et la vie démocratique en général. J’aimerais prouver que c’est possible de faire de la politique différemment. »

Selon les discussions que vous pourriez avoir eues avec des collègues qui sont en politique depuis un moment, jugez-vous qu’il est plus difficile de faire de la politique aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux?

« J’en ai déjà parlé avec des collègues qui sont dans le métier depuis plus longtemps, et ils trouvent ça assez difficile. Désormais, l’information circule tellement rapidement que quand quelque chose survient, il faut réagir presque instantanément. C’est une sorte de

combat à savoir qui aura le plus d’attention ! Mais c’est ainsi que fonctionne l’information aujourd’hui, donc pour des gens qui ont vécu les deux réalités, le fossé entre les deux est immense, et je les comprends tout à fait de ressentir davantage les côtés plus négatifs des réseaux sociaux.

En contrepartie, j’y vois personnellement plus de positif que de négatif. Étant à l’aise avec les plateformes, elles me permettent de communiquer de l’information à la population sans devoir toujours passer par les médias traditionnels. Les réseaux sociaux font aussi en sorte que je peux être accessible, me faire connaître des gens… tous ces avantages surpassent donc largement à mon sens le côté désagréable des commentaires blessants que l’on peut recevoir. Je crois toutefois que le temps que l’on dépense tous les jours à réagir en temps réel à des choses qui se passent pourrait parfois être mieux investi, par exemple dans la recherche de solutions proactives à des enjeux réels. »

À travers tout ça, parvenez-vous à entretenir un équilibre entre le travail et la vie personnelle?

« Je l’ai appris avec le temps ! Quand j’ai commencé en politique, je ne disais jamais non à quoi que ce soit. J’ai une famille et des amis très compréhensifs, mais à un certain point, non seulement pour eux, mais aussi pour soi-même, c’est important de leur accorder du temps. On devient de meilleures personnes au travail lorsqu’on a un meilleur équilibre de vie, lorsqu’on fait de la place à autre chose dans sa tête et dans son quotidien. Mais ce n’est pas facile de t’arrêter, quand ton emploi, c’est ta passion ! Regarder mes courriels en prenant mon café le dimanche matin, j’aime ça, donc il faut que je fasse attention, parce que ce n’est pas parce que j’aime ça que c’est sain de le faire. »

Pour écouter l’entrevue complète avec Catherine Fournier, suivez notre balado Centré sur l’équilibre.

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