Un week-end dans le bois en mode survie

Frédérique Sauvée

Après la mode du bootcamp, du CrossFit et des courses à obstacles, voici venu le temps d’un autre type de dépassement de soi, plus près de la nature et plus introspectif : la survie en milieu sauvage. Les ateliers et week-ends d’initiation, offerts été comme hiver, se multiplient à travers la province. Les participants y apprennent à se débrouiller seuls au fond du bois, à trouver à boire et à manger, et même à dormir dehors sans tente. Ce retour à la vie sauvage pourrait apparemment nous permettre de mieux vivre… en société !

Autrefois destinés aux militaires, aux scouts, aux chasseurs en région éloignée, les stages de formation en survie séduisent de plus en plus le grand public. Autour du feu de camp, notre week-end d’initiation rassemble un couple qui planifie une randonnée de plusieurs jours en autonomie dans les Rocheuses, une mère et son ado qui cherchaient une activité ludique à faire ensemble, mais également un groupe d’amies qui veulent savoir se débrouiller en forêt. Une belle tribu éclectique qui a hâte d’apprendre à faire du feu sans allumettes ni briquet !

Avant d’aborder la partie pratique, notre enseignant survivaliste souhaite qu’on établisse une relation pure avec la nature, sans gadgets technologiques. En regardant autour de nous, on prend conscience de notre incapacité à reconnaître l’essence des arbres qui nous entourent, et encore moins le type d’oiseau qui siffle à nos oreilles. On réalise alors à quel point on est aujourd’hui déconnectés de la vie sauvage et totalement vulnérables face à elle.

Cette sagesse nous ouvre l’esprit aux nombreux apprentissages qui vont suivre pendant ces deux jours. On commence par les principes de base de la chasse, de la trappe et de la cueillette. Les techniques sont inspirées de celles de nos ancêtres lointains, même préhistoriques, de véritables maîtres dans l’art de la survie extrême. Fabrication de cordages ou d’abri sans cordes ni couteau, démarrage d’un feu par friction, purification de l’eau, pistage et piégeage, tout y passe pour qu’on apprenne à (re)devenir autonomes au fond du bois.

L’initiation se corse toutefois quand arrive l’heure de la mise en situation. Imaginez-vous seul, perdu dans l’arrière-pays montagneux de Charlevoix. Imaginez-vous transi de froid sous un déluge en plein milieu d’une longue randonnée en Gaspésie. Imaginez-vous encore devoir agir en cas de blessure grave de votre compagnon, loin du réseau cellulaire, en hiver. Il n’est plus seulement question d’apprentissages, mais aussi, et surtout, de résistance mentale en milieu inconnu.

Et pour beaucoup, la gestion du stress devient problématique lorsque la lumière du jour tombe. Tandis que les bruits de la forêt se font de plus en plus enveloppants, c’est le moment de mettre à profit les 5 C appris dans la journée : contenir de l’eau pour rester hydraté, combustion d’un feu pour s’éclairer, se réchauffer et s’alimenter, cordage pour la construction d’un abri, couper et trouver des outils, couvrir son corps pour ne pas perdre sa chaleur ni son énergie.

Au petit matin, après une nuit plus ou moins paisible, confortable et réparatrice, la fierté d’avoir passé cette étape ultime de la survie en forêt brille dans nos yeux tout juste ouverts. On a peut-être eu peur, froid ou faim, mais on ne s’est pas laissés abattre, on a réussi à relativiser les problèmes, à accepter la situation et à surmonter les embûches. Les acquis de ces dernières heures deviennent déjà des automatismes chez les participants. On cherche à être actifs pour se réchauffer, on s’assure de la santé des autres, on observe l’environnement pour trouver une source d’eau et de nourriture pour le reste de la journée.

La fin du stage permet de faire un bilan. De l’avis de tous, chacun se sent fatigué, mais plus vivant, plus présent, plus vigilant que jamais. On a tous développé un meilleur sens de l’observation de l’environnement et on a envie de le partager avec nos proches. On a l’impression que peu importe ce qui pourrait nous arriver en forêt, on connaîtra les bases pour réagir concrètement et posément à l’urgence ou à l’inattendu.

Plus encore, savoir que l’on peut survivre en forêt nous offre une sagesse que l’on va pouvoir adapter à notre vie quotidienne, dans un milieu parmi les plus hostiles : la jungle urbaine.

Quelques stages de survie au Québec :

www.lesprimitifs.com

www.redbeardsurvival.ca

www.kanatha-aki.com

 

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