L’art de se déconnecter

Marie-Ève Gosemick

Les possibilités de déconnexion sont devenues si rares qu’elles se marchandent. En France, une loi vient d’entrer en vigueur pour lutter contre l’hyperconnexion au travail. Est-il permis de se déconnecter à l’ère de la mobilité ? Voici des astuces pour y arriver sans culpabilité.
– Par Marie Eve Gosemick, collaboratrice vie créative et auteure hyperactive

« Ce qui est merveilleux, c’est qu’en ralentissant on parvient enfin à mieux apprécier le paysage, et à s’intéresser à autre chose qu’à nous-mêmes. »
~Dany Laferrière

S’entraîner à se déconnecter

Les statistiques d’Apple révèlent qu’un individu déverrouille son appareil en moyenne 80 fois par jour. Puisque la répétition fréquente d’un geste génére un automatisme, se connecter est désormais un réflexe. Cependant, on peut s’exercer à ne pas répondre à toute demande en deux nanosecondes, à désactiver les notifications ou le réseau sans fil, voire à ranger nos appareils dans une autre pièce ou à les laisser chez soi ou dans la voiture lorsqu’on sort.

Choisir les moments de connexion

Les auteurs Rémy Oudghiri (Déconnectez-vous !, Arléa, 2013) et Thierry Crouzet (Jai débranché, Fayard, 2012) indiquent que la planification des moments de connexion et de déconnexion au quotidien nous fait reprendre le contrôle sur notre rythme de vie. Par exemple, on peut choisir d’être connecté entre 8 h et 18 h et en aviser nos proches et notre équipe au bureau. On peut aussi créer un message d’absence sympathique qui les encourage à faire de même.

Remonter le temps

Tanya Goodin, la fondatrice du centre de désintox numérique It’s Time to Log Off au Royaume-Uni, recommande de ramener le bon vieux réveil-matin et l’appareil photo classique pour se défaire de notre dépendance technologique. Elle suggère de supprimer les applications de courriels et de médias sociaux de notre téléphone afin de n’utiliser celui-ci que pour les appels, du moins le week-end.

Associer la connexion à un geste impossible ou interdit

Dans The Winter of Our Disconnect (Susan Maushart, TarcherPerigee, 2011), une mère entraîne ses trois ados dans une déconnexion de six mois, ce qui pousse son fils à jouer du saxophone. Pour mettre notre appareil mobile de côté, on choisit une activité où nos mains sont occupées : natation, ski, escalade, danse, yoga, manucure, massage, bricolage, feu de camp, poterie, jardinage, travail du bois, tricot, cuisine (faire des sushis, par exemple). On peut également fréquenter les établissements qui ne font pas bon ménage avec l’hyperconnexion généralisée : salles de cinéma et de spectacles, théâtres, bibliothèques, instituts de soins, spas, cafés et salons de thé avec zones sans techno.

Faire de la déconnexion un jeu

Plutôt que de mettre en place des règles lourdes pour s’empêcher de consulter un écran en réunion ou pendant un souper, on invite chacun à déposer son appareil au centre de la table et on impose une conséquence qui fera plaisir aux autres (rédiger le compte rendu de la rencontre, ranger la salle, payer les verres, préparer le dessert, etc.). Pour créer des rituels de déconnexion, on peut s’inspirer des idées pour les enfants, comme celles données dans le livre How to Unplug Your Child (Liat Hughes Joshi, Summersdale, 2016). Tracer des selfies grandeur nature à colorier développera nos habiletés artistiques… sans contribuer au narcissisme numérique !

Bon retour dans le monde réel !

 

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