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Liés par une passion de la nature et un profond respect pour celle-ci, Alice Berthe et Thierry Bisaillon-Roy ont fondé la ferme florale et le studio de design floral Enfants sauvages. Un projet aux couleurs du bonheur pour enjoliver le quotidien ainsi que les rituels de nos vies. 

« Thierry et moi avons eu l’opportunité de nous établir en Estrie, une région qu’on connaissait à peine. Quelqu’un voulait transférer la terre dont il avait hérité à des jeunes qui avaient envie de se lancer en agriculture biologique, et c’est tombé sur nous. Thierry cherchait à l’époque un projet professionnel. C’était clair pour lui qu’il voulait travailler avec le vivant, avec le sol, faire pousser des choses, mais il ne savait pas quoi exactement. De mon côté, je ne m’enlignais pas pour devenir agricultrice, ni pour travailler avec mon conjoint, mais j’aimais les fleurs. Ayant grandi en France, née d’un père colombien et d’une mère française, les fleurs avaient toujours fait partie de mon quotidien. Quand on allait au marché public, chaque semaine, ma mère achetait un bouquet pour égayer la maison. Je rêvais donc d’installer une roseraie de roses anglaises sur notre terrain en Estrie, juste pour le plaisir.  

Un jour, nos envies à Thierry et à moi se sont rencontrées, et on s’est dit “mais les fleurs, pourquoi pas ?” C’est devenu une évidence : on allait bâtir une ferme florale. » 

Credits photo Christyna Photo - La fleuristerie, un art vivant

LES ENJEUX DE LA FLEURISTERIE TRADITIONNELLE  

« Le nom “Enfants sauvages” vient de cette idée de prendre part à une floriculture alternative, d’être un peu à contre-courant, de faire de l’agriculture responsable de proximité sans utiliser d’engrais chimiques ni de produits pesticides.  

On sait que la fleuristerie traditionnelle au Québec met de l’avant principalement des fleurs cultivées aux Pays-Bas, en Colombie, en Équateur, au Kenya, donc loin. Ces fleurs sont généralement produites en monocultures, et étant donné qu’elles ne sont pas destinées à l’ingestion, les agriculteurs ont souvent la main lourde sur les pesticides et les engrais chimiques. Ces fleurs voyagent ensuite sur de longues distances et passent entre plusieurs mains avant d’arriver entre celles du consommateur. Ce mode de culture et d’approvisionnement a des conséquences sociales et environnementales très lourdes.  

Notre approche permet ainsi de cultiver les mêmes familles de fleurs que l’on retrouve chez un fleuriste traditionnel, par exemple des roses, des dahlias, des pivoines, des tulipes, mais en plus, de cultiver des variétés qui ne survivraient pas au transport en avion, ou qui sont plus rares, et dont le prix serait trop cher dans la chaîne traditionnelle, vu la quantité d’intermédiaires impliqués.  

En récoltant et en préparant des bouquets sur demande seulement, nous évitons aussi de nombreuses pertes, ce qui est plus difficile chez un fleuriste traditionnel qui a pignon sur rue, et qui doit tenir un frigo bien rempli à longueur d’année. De ce fait, la confiance que le client nous accorde est importante, car s’il choisit la taille et les couleurs de son bouquet, il nous laisse toutefois le soin de récolter les variétés les plus fraîches, les plus belles, en respectant la saisonnalité des végétaux. » 

Credits photo Christyna Photo1 web - La fleuristerie, un art vivant

L’IMPORTANCE DES RITUELS  

« On nous demande souvent si la pandémie a affecté notre succès, puisque les fleurs sont perçues comme un petit luxe. Pas vraiment, car le besoin de rituels dans la vie des gens est bien ancré : anniversaires, mariages, funérailles… Au Canada en 2019, on importait 567 000 millions de dollars de fleurs coupées et de produits de pépinière. Ça veut dire que la demande est là, qu’on a besoin de fleurir les rituels de notre vie.  

Mais pourquoi les importer si on peut les cultiver ici ? La ferme florale offre une réponse locale à une demande universelle. En achetant une fleur locale, on achète aussi une histoire. On sait qui l’a cultivée, qui en a pris soin, qui l’a coupée. Le geste en est encore plus significatif. » 

Credit photo Kim Gauthier web - La fleuristerie, un art vivant

VIVRE AU RYTHME DES SAISONS  

« On vit au gré des saisons, les deux mains dans les fleurs, et on ressent les bienfaits de cette connexion avec la nature. Comme les fleurs poussent de mai à octobre, l’hiver, on plante les semis, on monte les infrastructures. On a du travail à l’année, mais on vit vraiment avec les saisons, et on essaie de partager avec notre communauté ce concept de saisonnalité. Il y a un temps pour chaque chose, et un temps pour chaque fleur. Comme pour les fruits et légumes. De la même manière que la fraise du Québec n’est pas disponible en décembre, la pivoine, ce n’est pas une fleur du mois de septembre ! »  

TROUVER L’ÉQUILIBRE QUAND ON TRAVAILLE EN COUPLE  

« Mes expériences professionnelles en médiation culturelle, gestion de projet et développement des affaires sont complémentaires avec la passion et le savoir-faire de Thierry pour la culture du vivant. Lui fait pousser les fleurs, et moi je les commercialise.  

On est conscients que ce n’est pas pour tout le monde, de travailler en couple, mais pour nous, ça fonctionne très bien. On se donne quand même une structure, car on vit ensemble, on travaille ensemble, on habite sur notre lieu de travail… nos plantations sont littéralement sous la fenêtre de notre bureau.  

Par exemple, on essaie de ne pas parler de travail dans certaines pièces de la maison, ou certains jours de la semaine. Thierry fait aussi deux heures de méditation par jour, depuis plusieurs années. C’est presque impensable, quand on sait qu’il est à la fois agriculteur et papa, mais c’est possible ! Il se lève à 5 h 30 pour méditer, et refait une autre heure le soir quand tout le monde dort, quand le soleil est couché, quand les fleurs sont fermées. Et ça, avec une constance assez incroyable : la seule fois où il a manqué son heure de méditation, c’est le matin de mon accouchement, il y a trois ans. Mais le soir, il l’a faite ! Donc cette discipline, clairement, c’est quelque chose qui nous aide beaucoup dans nos vies respectives, et dans notre entreprise. Nous avons également suivi une formation en communication non violente, qui nous a donné des outils pour mieux comprendre nos besoins, mieux les exprimer, et donc mieux communiquer l’un avec l’autre. » 

… ET EN AGRICULTURE  

« Un graphiste qui démarre son entreprise peut investir quelques milliers de dollars, s’acheter un ordinateur, des logiciels, une bonne chaise de bureau, et le lendemain matin, il peut commencer à proposer ses services, et à générer de l’argent. En comparaison, l’agriculture, c’est beaucoup d’investissements pour très peu de retombées, car le coût des équipements est très élevé. Nous, sur cinq ans, on a investi 150 000 $, et on a des dépenses annuelles de 100 000 $… pour atteindre une rentabilité seulement à partir de la deuxième année. Mais c’est un choix de vie.  

La difficulté réside aussi dans le fait que notre type d’entreprise existe très peu autour de nous ; nous n’avons donc pas beaucoup de modèles desquels s’inspirer. On navigue dans quelque chose d’encore assez méconnu au Québec, contrairement par exemple au maraîchage, pour lequel des chiffres et des données existent, et permettent de faire des plans d’affaires plus concrets. »  

LA POÉSIE DES FLEURS 

« Notre but dans la vie, à Thierry et à moi, est de faire des activités qui nous apportent de la joie. En tant qu’entrepreneurs, il y a beaucoup de décisions à prendre, et on peut rapidement se sentir submergés. On essaie alors de toujours revenir à cette idée de travailler dans la joie, et de poser des actions qui sont en accord avec notre objectif.  

Nous sommes fiers de penser que notre enfant grandit entre deux rangées de fleurs. Il a trois ans, mais il connaît plein de variétés différentes, il leur fait très attention. Il s’assure de la qualité ! C’est important pour nous de cultiver cette poésie du travail, et la poésie des fleurs. De lui montrer que c’est possible, de vivre de ce qu’on aime.  

Travailler avec le vivant, c’est vivre des épiphanies plusieurs fois par année, et même plusieurs fois par jour. C’est un émerveillement continu. C’est ça qui est magique avec la nature : on a beau la connaître, chaque fois qu’on y retourne, ça nous fait toujours du bien. C’est dans notre ADN : on est faits pour être en contact avec la nature, et c’est pour ça qu’on ne s’en lasse pas. » 

Visitez enfantssauvages.ca si vous souhaitez réserver un abonnement floral ou pour commander votre bouquet de la fête des Mères.