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Le micro-féminisme, c’est cela : de petites initiatives concrètes qui rééquilibrent délicatement les rapports entre les genres. Cette tendance, popularisée sur les réseaux sociaux, met en lumière des pratiques du quotidien – comme laisser volontairement la place à une collègue en retrait afin qu’elle puisse être entendue, ou encore choisir des vêtements proposés dans la section dite « masculine » pour rappeler que le genre ne devrait pas dicter les goûts.

Pour brosser ce portrait, je me suis tournée vers mes proches qui m’ont fait part d’habitudes simples cultivées au quotidien, et qui changent tout.

(1) PRATIQUER LA SORORITÉ

Un simple sourire. C’est ainsi qu’Annabelle Irakiza a choisi d’incarner le micro-féminisme. « Lorsque je rencontre une femme dans une salle d’attente, lors d’un entretien ou dans un milieu qu’elle connaît moins, je lui souris toujours. C’est ma façon de dire : je suis avec toi. » Annabelle choisit également des compliments qui ne portent pas sur le corps, mais sur la personnalité, le style, l’humour. Dans son entourage, elle consacre son énergie à des femmes plus effacées, notamment racisées, en amplifiant leur voix. Elle cultive un climat de solidarité fait de minuscules attentions, qui devient une résistance au quotidien.

(2) SEMER LA CONFIANCE

À la maison, Annabelle s’impose une règle : ne jamais critiquer son corps devant ses sœurs ou de jeunes filles. « Beaucoup d’entre nous ont grandi en entendant nos mères se dénigrer. Ça laisse des traces profondes », confie-t-elle. Plutôt que de dire « je me trouve grosse », elle choisit des formules neutres comme « je ne me sens pas confortable dans cette robe ». C’est une manière de rompre la chaîne des insécurités corporelles héritées de génération en génération. Un détail dans la parole, mais un immense cadeau transmis aux plus jeunes.

(3) RÉÉQUILIBRER LE LANGAGE

Aux yeux de Josiane Stratis, les mots n’ont rien d’anodin. « Je suis toujours mal à l’aise de voir que le masculin l’emporte en français », explique-t-elle. Dans ses infolettres comme sur ses réseaux sociaux, elle choisit donc de féminiser ses phrases et d’utiliser l’épicène au travail. Un choix qui pourrait sembler symbolique, mais qui a un impact réel : il habitue les femmes à se sentir directement interpellées et décentre les hommes de leur statut de norme. Un accord, un mot, c’est déjà une manière de rééquilibrer le langage.

(4) DÉJOUER LES STÉRÉOTYPES

En classe, Emilie Sauriol veille à ce que ses exemples reflètent une diversité de genres. « Il est doux. Elle est colérique. Une chirurgienne. Un éducateur de garderie. » De simples phrases qui, pour ses élèves du secondaire, ouvrent pourtant un imaginaire plus large. L’idée est claire : éviter de reproduire les stéréotypes en montrant que toutes les émotions et professions appartiennent à tous les genres. Par ce choix d’enseignement, Emilie fait du micro-féminisme un outil pédagogique : invisible pour certains, mais fondateur pour la prochaine génération qui grandit avec d’autres repères.

(5) FAIRE SA PART

« Faire sa part, pour de vrai », résume Félix Cauchy-Charest, père de famille. Pour lui, le micro-féminisme passe par le partage équitable de la charge mentale : penser aux rendez-vous, préparer les repas, s’impliquer à l’école, prendre congé quand les enfants sont malades. En contexte de séparation, il choisit aussi de rétablir l’équité financière. « Comme je gagne plus, je veux que mon ex puisse garder la maison à un prix raisonnable. » Être féministe au quotidien, pour Félix, c’est être un allié, et réduire les inégalités par des choix concrets.

(6) DONNER LE CRÉDIT

Dans le tumulte des réunions, les bonnes idées se perdent parfois. Et plus souvent encore lorsqu’elles viennent d’une femme. « Quand une idée passe inaperçue, je souligne que c’est du solide », explique l’animatrice, chroniqueuse, autrice et scénariste Rose-Aimée Automne T. Morin. Ce simple geste, presque anodin, redonne à la parole féminine sa légitimité et empêche qu’elle soit récupérée par d’autres. Reconnaître publiquement une idée est une manière simple et efficace d’équilibrer les rapports dans le milieu professionnel.

(7) CHOISIR LE VÉGÉTAL

Pour Élise Desaulniers, autrice et chercheuse indépendante, l’alimentation devient un terrain d’engagement féministe. « Être végane, c’est refuser les hiérarchies qui classent certaines vies comme supérieures aux autres. Cela correspond à une perspective féministe, car on observe des similitudes entre l’exploitation animale et la domination des femmes : contrôle du corps, réduction à la fonction reproductive, invisibilisation du soin. »
Elle précise que ce choix devient féministe lorsqu’il est guidé par des considérations éthiques plutôt que par la santé ou la mode. En refusant ces logiques de pouvoir, le véganisme devient une pratique politique, quotidienne et concrète, qui favorise une plus grande équité et une plus grande égalité.

(8) DÉJOUER LES STÉRÉOTYPES DE CONSOMMATION

Quand Sarah-Maude Forget magasine avec ses filles, elle les emmène parfois dans la section « garçons ». « Le genre ne devrait pas limiter les couleurs, les coupes ou les imprimés. » C’est pour elle une façon de leur apprendre qu’elles peuvent choisir ce qui leur plaît, sans se laisser enfermer par des étiquettes. Refuser les codes genrés lors d’un simple achat de vêtement, c’est semer l’idée que chacune et chacun peut tracer sa voie. Une démarche banale en apparence, mais qui ouvre l’horizon dès l’enfance.

(9) RÉHABILITER LES CORPS ET LES VOIX

Charlotte Levasseur Paquin est une physiothérapeute spécialisée en rééducation périnéale. Elle considère son métier comme un engagement féministe : « La santé pelvienne et obstétricale a été trop longtemps minimisée. Pourtant, tant de personnes sont concernées. »
Elle refuse également de se taire lorsque ses clientes critiquent leur corps. Elle les écoute, puis elle leur rappelle leur force et leur dignité. Son geste se prolonge ailleurs : elle choisit de lire et d’écouter davantage d’artistes femmes et LGBTQ+. Elle raconte aussi ses aventures en solo en plein air pour inspirer d’autres femmes. Charlotte replace ainsi les corps et les voix trop souvent invisibilisés au cœur des préoccupations.

(10) BRISER LE TABOU DES RÈGLES

Sur les sentiers d’ultramarathon comme dans son métier d’ingénieure, Geneviève Asselin-Demers évolue dans un milieu largement masculin. Quand elle entend « Eh les gars », elle rectifie aussitôt : « … les gars et la fille ». Mais son intervention la plus marquante reste de parler ouvertement de ses règles. « En course, il est rare que nos hormones nous laissent tout contrôler. » Elle rappelle que les femmes doivent souvent gérer leur cycle en pleine épreuve : changer de tampon dans la nature entre deux ravitaillements, ou gérer des symptômes parfois invisibles pour les autres. En nommant ces réalités, elle brise un tabou et rend le sport plus vrai, plus humain.

Un sourire, un mot, un choix : ces habitudes minuscules n’ont rien de spectaculaire, mais leur persistance réécrit le quotidien. Comme l’eau qui s’infiltre, elles redessinent peu à peu le paysage. Le micro-féminisme rappelle que l’égalité n’est pas seulement une affaire de grandes luttes, mais aussi de petites actions, répétées dans l’ordinaire. Un compliment qui éclaire, un repas partagé, une parole mise en évidence : autant de fils qui tissent la toile d’un nouvel horizon. C’est un mouvement qui se diffuse sans bruit, mais qui n’en est pas moins transformateur. Et si le prochain geste venait de vous ?

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