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Il y a celle, comme le chante Catherine Major, « [qui] parcourt les chemins / comme vivent les bohèmes / [qui] trébuche au matin / dans un poème / le soleil la fait luire / comme une porcelaine / elle éclate de rire / la voix humaine ». Il y a celle qui compte, dans l’urne ou au pouvoir. Il y a celle qu’il faut assumer, pour l’avoir « au chapitre ». Celles qui subsistent même quand on veut les faire taire. Et celle qui émerge du souffle des artistes, telle une petite flamme qui en allume d’autres sur son passage. Pour illustrer tout le potentiel de la voix, voici cinq échos qui la font retentir sans l’enrouer.

LIVRES

Gaza écrit Gaza, collectif sous la direction de Refaat Alareer (Mémoire d’encrier, 2025)

Au moment où vous lirez ces lignes, il est difficile d’imaginer ce qu’il advient du cessez-le-feu à Gaza, après deux ans de génocide du peuple palestinien. Parce que l’impuissance fut immense et qu’il faut bien entendre les voix d’une jeunesse troublée, il importe de se souvenir et de ne pas oublier – puisque ce n’est pas la même chose. Sous l’impulsion du regretté professeur et poète Refaat Alareer, des jeunes Palestinien(ne)s, repéré(e)s pour leurs prises de parole sur les réseaux sociaux ou les blogues, ont été invité(e)s à basculer vers l’écriture de fiction, afin de témoigner de la guerre, de l’occupation et de la résistance. Parue en anglais en 2014 sous le titre Gaza Writes Back, l’anthologie est traduite pour la première fois en français par 25 auteurs de la francophonie, portée entre autres par l’éditrice montréalaise d’origine palestinienne Yara El-Ghadban. Dans ces témoignages bouleversants d’une humanité à la résilience incandescente s’éveillent les cicatrices du corps comme de l’Histoire, se dresse le Mur et se creuse le tunnel, se déploient le déracinement humain comme celui de 189 oliviers, s’endurent le mal de dents comme le mal du pays. Un incontournable livre-mémoire.

Gaza Ecrit Gaza - Cinq œuvres et artistes bien en voix

 

Entends-tu? Un essai sur le silence, de Vincent Fortier (Del Busso Éditeur, 2024)

Pour que la voix s’éveille, il faut qu’il y ait silence. Mais celui-ci « n’est pas supérieur à la parole, il n’a pas à prendre sa place. L’un et l’autre coexistent ». L’écrivain Vincent Fortier, obsédé par un personnage introverti qu’il tentait de coucher sur papier, s’est imprégné de ce sujet jusqu’à délaisser son roman au profit de l’essai. Habité par maints ouvrages sur la question, de discussions avec ses proches et de la moelle de plusieurs expériences personnelles, l’auteur recense en de courts textes la multitude des possibles du silence. Dans un style tantôt introspectif ou analytique, tantôt confession ou respiration graphique, sont ainsi disséqués en douceur les contrastes silencieux de la solitude et de la communauté, de la ville et de la nature, du trauma et du soin, de la fête et de l’ennui, de l’art et de l’amour. Cet objet méditatif se déguste à petites lampées et nous convie à « réfléchir à ce que le silence nous permet de faire entendre », en nous et autour de nous. Et c’est déjà beaucoup.

Entends tu Vincent Fortier - Cinq œuvres et artistes bien en voix

BALADO 

Décrochage politique (Les radios à roulettes, 2025)

Journaliste émérite ayant longtemps arpenté la scène politique, Jocelyne Richer faisait paraître en 2024 l’ouvrage Le sexe du pouvoir. Politique au féminin : Élues et ex-élues brisent le silence (Éditions La Presse); et l’ancienne candidate Élisabeth Labelle renchérissait en 2025 avec l’essai Quand la politique fait fuir les femmes : Un système à réinventer (Québec Amérique). Creusant ces mêmes sillons, mais en approfondissant les parcours individuels de six politiciennes ayant pris leur retraite, le balado Décrochage politique tend le micro à celles qu’on a trop souvent voulu mettre en boîte ou encarcaner dans des stéréotypes de genre. Nouvel animateur de la matinale Première heure, à Radio-Canada Québec, Alexandre Duval aborde de front avec elles plusieurs enjeux névralgiques, de l’épuisement professionnel (Isabelle Lessard – qui fut la plus jeune mairesse du Québec) aux crises internes d’un parti (Catherine Dorion et Émilise Lessard-Therrien), en passant par la tourmente médiatique (Marie-Chantal Chassé). Sans compter la pugnacité des éloquentes Liza Frulla et Agnès Maltais, qui ont vu neiger… et voter, et débattre ! Une éclairante offrande en cinq épisodes disponibles sur YouTube, Spotify et Apple Podcasts.

Decrochage politique - Cinq œuvres et artistes bien en voix

 

CHANSON

Lou-Adriane Cassidy (Journal d’un loup-garou, 2025; Triste animal, 2025)

S’il y a bien une voix singulière et texturée à laquelle prêter l’oreille parmi la chanson québécoise des dernières années, c’est bien l’interprète de « Dis-moi dis-moi dis-moi », cet air obsédant qui, dans son incipit, raconte déjà mille histoires : « Au cinéma lever les yeux / pour la première fois… » Après le succès du projet collectif Le Roy, la Rose et le Lou[p], qu’elle menait avec ses complices de longue date Ariane Roy et Thierry Larose, Lou-Adriane Cassidy a connu une dernière année rien de moins qu’étincelante, décrochant une nomination au prestigieux prix pancanadien Polaris et dominant le récent gala de l’ADISQ avec 12 statuettes sur 13 citations. À moins de quatre mois d’intervalle, elle faisait paraître le culotté et atmosphérique Journal d’un loup-garou, puis l’album surprise Triste animal, qui plane tout en éclectisme par « [sa] force de dire non, [son] effort de dire oui ». Et croyez-moi, il faut la voir en spectacle pour mesurer la vastitude de son univers intérieur et de sa quête constante de chanter de tout son être.

Journal loup garou Lou Adriane Edit - Cinq œuvres et artistes bien en voix

 

TÉLÉVISION

Florence Longpré (Empathie, 2025)

De Mémoires vives aux Pays d’en haut, en passant par sa célèbre Gaby Gravel dans Like-moi et Vitrerie Joyal, la nouvelle série de Martin Matte attendue en 2026, Florence Longpré célèbre cette année ses 15 ans de carrière en tant que comédienne. Mais c’est son talent de scénariste qui est applaudi avec faste dernièrement, alors que sa première série écrite en solo, Empathie, fracasse les records sur la plateforme Crave dès son lancement au printemps, forte du Grand prix du public au festival français Séries Mania. Campée dans l’aile psychiatrique d’un hôpital, l’histoire suit une ancienne criminologue (Longpré elle-même) qui, marquée par les coups du destin, quitte la police pour la psychiatrie. Ses collègues et ses patients exsudent la riche complexité de l’âme humaine, et tout ce qu’il en faut pour la comprendre et la soigner, ce qui donne lieu à un jeu renversant. Le titre de la série condense à lui seul la démarche d’écriture de Longpré (M’entends-tu?, Audrey est revenue, Le temps des framboises) : que surgisse et s’inscrive en chacun de nous ce sentiment d’unicité qui, paradoxalement, nous rappelle à l’Autre.

Empathie Serie - Cinq œuvres et artistes bien en voix

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