Au sortir d’un hiver rigoureux, le retour des beaux jours signe nos retrouvailles attendues avec le soleil et le dehors. À nouveau, les terrasses s’animent, les parcs et les plages redeviennent des lieux prisés, où l’on aime étirer le temps. Pour profiter pleinement de ces moments, il est important de comprendre comment les rayons du soleil affectent notre peau. En adoptant quelques réflexes simples pour se protéger, on sera assuré de vivre un bel été, sans l’ombre d’un regret.
LE SOLEIL, UN ALLIÉ PRÉCIEUX… AVEC MODÉRATION
On l’oublie souvent : le soleil n’est pas que facteur de risque. Il est aussi bénéfique pour notre santé. Une exposition quotidienne modérée favorise l’équilibre de notre horloge interne et améliore notre humeur.
Sur le plan métabolique, le soleil, et plus particulièrement ses rayons UVB participent à la production par notre corps de la vitamine D, essentielle, entre autres, à la santé osseuse et immunitaire. Un temps d’exposition au soleil de quinze minutes, sur une surface de peau telle que le dos des mains, suffit à combler nos besoins quotidiens. En Amérique du Nord, toutefois, la quasi-totalité de la population est carencée en vitamine D, en raison de l’inclinaison de la terre et d’un temps d’ensoleillement limité. Les recommandations médicales préconisent de se supplémenter oralement en vitamine D3 à hauteur de 1000 unités par jour (en vente libre), ou de 10 000 unités une fois par semaine (sous prescription).
UVA VERSUS UVB : LES DISTINGUER POUR MIEUX S’EN PROTÉGER
S’il est avéré qu’un bain de lumière naturelle est profitable, un excès de rayonnements UV peut cependant produire des dommages durables. Avec une longueur d’onde étendue, les UVA pénètrent plus profondément dans le derme. Une exposition prolongée à ces rayonnements altère le collagène de la peau et entraîne une perte d’élasticité. Les UVA sont principalement responsables du photo-vieillissement (rides et ridules), ainsi que des taches pigmentaires.
Les UVB ont une longueur d’onde moyenne. La couche d’ozone en absorbe une grande partie, mais pas la totalité. Environ 10 à 15 % de ces rayons parviennent jusqu’à l’atmosphère terrestre et affectent les couches superficielles de la peau. Ils causent une production excessive de mélanine – responsable du bronzage – ainsi que des coups de soleil, des brûlures et la majorité des cancers cutanés.
PEAUX CLAIRES, FONCÉES… TOUTES CONCERNÉES
Notre sensibilité au soleil est déterminée par notre phototype, une classification de la peau qui s’échelonne de I à VI.
Le phototype I correspond à une peau pâle dite claire qui ne bronze pas, mais brûle, avec un risque accru de dommages UV et de cancers cutanés. Le phototype VI désigne une peau foncée dite noire qui ne brûle jamais ou très rarement, grâce à la protection naturelle pourvue par une plus grande production de mélanine. Bien que le risque de cancer de la peau soit plus faible pour cette population, il ne disparaît pas complètement. D’autres problèmes, tels que les taches solaires, sont par ailleurs à considérer.
En pratique, tous les types de peau nécessitent donc une protection adaptée.
LE BRONZAGE : UN FAUX SIGNE DE « BONNE SANTÉ »
Derrière la quête du « teint santé », qui demeure pour beaucoup une norme esthétique, il importe de comprendre les mécanismes cellulaires sous-jacents. En réalité, le bronzage est une réponse de défense de la peau face à une exposition au soleil. Les mélanocytes, les cellules responsables de la production de pigment, s’activent pour augmenter la production de mélanine en réaction au stress causé par les UV sur notre ADN. En d’autres termes, alors qu’on se réjouit d’avoir « bonne mine », le mal est déjà fait. Plus on accumule ces micro-agressions au niveau cellulaire, plus on risque de développer des lésions précancéreuses ou cancéreuses.
Finalement, le seul bronzage inoffensif est celui induit par l’auto-bronzant, un produit qui donne du pigment sans exposition solaire. Notons toutefois que ce bronzage artificiel ne vous protège pas contre les rayonnements UV.
IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR SE PROTÉGER
Les effets délétères des UV sont cumulatifs : à l’échelle d’une vie, coups de soleil répétés et accumulation d’UV finissent par atteindre un point culminant où le balancier opère, menant au développement de lésions précancéreuses.
Si l’on a négligé de se protéger pendant plusieurs années, il n'est cependant jamais trop tard pour adopter un comportement plus vertueux. On ne renversera pas la tendance, mais, à tout le moins, on pourra stabiliser et diminuer l’accumulation des dommages solaires.
POUR PRENDRE DES MESURES ADAPTÉES… CHERCHEZ L’INDICE
L’indice UV mesure l’intensité des rayons ultraviolets et permet d’estimer les risques de l’exposition solaire sur notre santé. Il varie de 0 à 11+ et tient compte de divers facteurs, tels que l’élévation du soleil (heure/saison), la latitude, l’altitude, l’épaisseur de la couche d’ozone et la présence de surfaces réfléchissantes (eau, sable, neige, etc.).
Des valeurs plus élevées traduisent un risque accru de dommages immédiats et durables, à la peau et aux yeux. Il est essentiel d’adopter des précautions lorsque l’indice UV atteint 3 ou plus.
L’indice UV est annoncé dans la plupart des prévisions météorologiques diffusées à la radio, à la télévision, dans les journaux et en ligne.
PROFITER DU SOLEIL EN TOUTE SÉCURITÉ : LES RÉFLEXES GAGNANTS
Penser qu’un peu de crème solaire suffit pour se protéger du soleil est un mythe persistant. Rappelez-vous que la protection solaire commence avec des mesures adaptées :
- Consultez l’indice UV et privilégiez les heures de faible intensité (avant 11 h et après 15 h, surtout l’été). La prudence reste de mise, même par temps nuageux : si l’on ressent moins la chaleur des rayons sur notre peau, les dommages sont tout aussi présents, car les nuages laissent passer jusqu’à 80 % des rayons UV.
- Misez sur les vêtements anti-UV : manches longues en tissu dense ou labellisés UPF, lunettes UV 400, chapeau à large bord plutôt qu’une casquette qui protège mal oreilles et nuque.
- Cherchez l’ombre, mais sans vous croire invincibles. L’eau, le sable et la neige renvoient les UV de tous les côtés. Avis aux amateurs de ski : neige et soleil forment une combinaison redoutable! L’hiver est une période critique pour les coups de soleil « surprise ».
La crème solaire complémente ces gestes simples et assoit leur efficacité, pour peu qu’on sache la choisir et l’appliquer correctement. On estime que 80 à 90 % des cancers cutanés pourraient être évités avec une bonne photoprotection. Malheureusement, moins de 40 % de la population nord-américaine l’utilise adéquatement.
BIEN CHOISIR SA CRÈME SOLAIRE
Comme pour les cosmétiques, on croit à tort qu’une crème plus chère sera plus efficace. Peu importe à combien elle se vend, la crème solaire contient la même molécule active, et l'écart de prix d'un produit à l'autre se justifie essentiellement par le conditionnement et la publicité. L'efficacité d'une protection solaire ne sera donc pas décuplée parce qu'on l'a payée plus chère.
ÉCRAN CHIMIQUE OU MINÉRAL?
Les écrans solaires ont longtemps été conçus pour protéger des UVB seulement, mais, depuis que l’on connaît les dommages que causent les UVA et le spectre visible, la plupart des écrans solaires sur le marché ont élargi leur protection.
On les retrouve en deux grandes catégories :
- Les écrans chimiques, aussi nommés « absorbeurs », contiennent des molécules chimiques qui absorbent les UV. Ils nécessitent généralement un temps de pénétration d’environ 20 minutes pour devenir efficaces.
- Les écrans physiques de type minéral, principalement des « réflecteurs » : des minéraux (zinc ou dioxyde de titane) forment une barrière protectrice et réfléchissent les rayons UV avant qu’ils n’entrent en contact avec la surface de la peau. Ces crèmes donnent un fini blanc, mais demeurent le choix le plus sûr, en offrant une protection immédiate dès l’application. À ce titre, elles sont très indiquées pour les peaux sensibles ou allergiques.
L’IMPORTANCE DU « LARGE SPECTRE »
Choisissez toujours une crème solaire « large spectre » pour une protection conjointe UVA/UVB. Cela est clairement indiqué sur les étiquettes des produits solaires par les lettres « UVB » et « UVA », le symbole « UVA » étant encerclé pour représenter la couverture des UVA courts et longs.
FPS (FACTEUR DE PROTECTION SOLAIRE) : L’ESSENTIEL À RETENIR
Sans protection, une peau exposée au soleil rougit en dix minutes. Le FPS correspond au temps maximal d’exposition que la peau peut supporter sans brûler, comparativement à une peau non protégée. Un FPS 30 permet ainsi d’être exposé 30 fois plus longtemps, tout en protégeant de 96 % des rayons UVB. Un FPS 60 protège quant à lui de 98 % des rayons UVB. Les dermatologues conseillent d’utiliser un FPS compris entre 30 et 60, car au-delà, les avantages supplémentaires sont minimes. À savoir néanmoins : même si le gain en termes de protection paraît minime, privilégier un FPS 60 plutôt que 30 compense une application insuffisante et assure une meilleure protection pour les phototypes très clairs ou pour les jeunes enfants.