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Transformer ses habitudes alimentaires une assiette a la fois 

Isabelle Huot

Entrevue avec Isabelle Huot, nutritionniste 

GUIDE 2019 — Consommer plus de fruits et légumes, manger moins de viande, voici des pratiques que les Canadiens sont appelés à adopter à la suite de la publication du nouveau Guide alimentaire canadien. Si changer ses habitudes de façon radicale est difficile, intégrer des modifications à son menu au fil du temps facilite la transition. Zoom sur les changements proposés par le nouveau Guide en compagnie d’Isabelle Huot, docteure en nutrition. 

Le nouveau Guide parle maintenant de pro- portions alimentaires plutôt que de portions alimentaires. Les légumes remplissent la moitié de l’assiette, les grains entiers en occupent un quart, et l’autre quart est constitué d’aliments protéinés (provenant principalement de source végétale). Que pensez-vous de ce changement ? 

Pour plusieurs, la notion de calcul des portions, qui invite à peser ou à mesurer les aliments, était complexe. C’est ce qu’ont révélé les consultations publiques populaires qui ont été réalisées dans le but d’actualiser le Guide alimentaire canadien. 

Personnellement, dans ma pratique, mais aussi dans les diverses chroniques que je livre et dans les articles que je rédige, je conseille depuis plusieurs années déjà de remplir la moitié de l’assiette avec des légumes ou des fruits, ou les deux. C’est bien souvent une stratégie très simple à mettre en pratique.  

Respecter des proportions plutôt que des portions encourage égalementécouter davantage les signaux de faim et de satiété, ce qui est une bonne chose ! 

L’accent est mis sur les protéines végétales au détriment des protéines animales. Pourquoi ? 

De nombreuses études confirment qu’une forte consommation de viande rouge augmente les risques de souffrir de certaines maladies, notamment les maladies cardiovasculaires et certains types de cancer, dont le cancer colorectal. 

Les protéines végétales ont beaucoup à offrir côté nutritionnel. Les légumineuses comme les haricots rouges, les pois chiches ou encore le soya apportent des protéines de qualité, contiennent peu de lipides et renferment des fibres. Le tofu et le tempeh sont également très intéressants, puisqu’ils sont nutritifs et polyvalents. De plus, les protéines végétales sont économiques, de quoi plaire aux consommateurs ! 

Le Guide prend désormais en considération l’impact environnemental de nos choix alimentaires, alors qu’il visait traditionnellement la santé humaine. On reconnaît aujourd’hui que les problèmes environnementaux actuels risquent inévitablement de devenir des problématiques de santé pour les générations futures. En tant que nutritionniste, comment percevez-vous cette nouvelle prise de conscience ? 

La conscience environnementale nous invite à faire des choix gagnants pour notre planète et les prochaines générations. C’est une mobilisation que j’aime. En diminuant notre consommation de viande, en misant sur les fruits et légumes cultivés localement, on agit positivement sur l’environnement. 

Les produits laitiers sont désormais placés aux côtés des autres aliments protéinés, n’étant plus considérés comme essentiels à une saine alimentation. Comment percevez-vous ce changement majeur ? 

Le lait se retrouve dans la catégorie des aliments protéinés, au même titre que la boisson de soya enrichie ou encore les noix ou les œufs. Je n’ai rien du tout contre le lait, au contraire. Il s’agit d’un aliment de choix qui apporte calcium et vitamine D. Avec le nouveau Guide alimentaire canadien, on ne met simplement plus le lait sur un piédestal. 

On revient plutôt au fameux conseil d’opter pour une grande variété d’aliments, question de faire le plein de tous les nutriments dont notre organisme a besoin afin de bien fonctionner. 

Le Guide valorise la consommation d’une variété d’aliments et déprécie les aliments transformés. Pourquoi veut-on éliminer les aliments transformés ? Et pourquoi l’alimentation variée est-elle synonyme de santé ? 

Les aliments transformés sont bien souvent riches en mauvais gras, en sodium ou encore en sucres raffinés, et s’éloignent de l’étiquette épurée (clean label) prônée par les spécialistes de la nutrition. Le fait de cuisiner soi-même ses repas et collations permet de mieux contrôler la qualité des ingrédients. Néanmoins, pour consommer moins d’aliments transformés et prêts à manger, il faut planifier et s’organiser pour cuisiner à la maison, en famille ! J’ai d’ailleurs rédigé le livre Les menus solution famille, avec la nutritionniste Nathalie Regimbal, pour aider les familles à mieux manger avec des recettes simples et des menus pratiques pour six semaines. 

Le fait d’opter pour une belle variété d’aliments permet de diversifier les nutriments consommés. Prenons les légumes et les fruits, par exemple : le poivron contient de la vitamine C, tandis que l’épinard est, quant à lui, plus riche en magnésium, et que la banane apporte une bonne dose de potassium. Manger plusieurs types de légumes et de fruits permet donc de couvrir les besoins en divers minéraux et vitamines. La variété est gage de santé. 

ASTUCES POUR PRENDRE LE TEMPS DE BIEN MANGER  

  • Établir, en famille, un menu hebdomadaire qui plaira à tous. 
  • Cuisiner les repas ensemble, lorsque le temps le permet. Ainsi, les week-ends, on peut réserver 2 ou 3 heures à la préparation des repas de la semaine. 
  • Consulter l’horaire des membres de la famille et planifier 1 ou 2 repas de plus par semaine à savourer ensemble. 
  • Éteindre toute distraction (téléviseur, téléphone ou autre) pendant les repas. 
  • Discuter et échanger à table. 
  • Prendre le temps de savourer chaque bouchée

 

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